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lesecret

L'Arcadie et le secret de Poussin
De la mer des Argonautes... ad Genesareth


 

Mais vers quel secret, quelle « confidence », nous amène Nicolas Poussin dans ces deux tableaux devenus grâce à mon ancêtre Henri Gasc, grâce au destin, la clé du mystère de l’abbé Saunière ?
L’Arcadie est chère à Nicolas Poussin, l’Arcadie à travers un mystérieux message est au coeur de son célèbre tableau : Les Bergers d’Arcadie.
L’Arcadie, c’est aussi le pays de Jason et des Argonautes, de la Toison d’or...

 

  Les bergers d'Arcadie 1ere version

"Les bergers d’Arcadie"
Nicolas Poussin
Premiére version 1628-1630
     

Le sceau de Poussin "Tenet Confidentiam", symbole du secret de Nicolas Poussin renvoie également à l’image de l’Arcadie, faisant allusion à un vaisseau, une arche : le Navire Argos, nous plongeant dans l’univers de Cesare Ripa, auteur italien du 16e siècle et à son ouvrage d’images allégoriques dont Poussin s’est inspiré.

        Le sceau de Poussin
Sceau de Poussin
Illustration de Cesare Ripa 16e siécle

Cesare Ripa

 

C’est par un langage allégorique que Poussin nous amène à "lire" ces deux tableaux, à en comprendre le message, pour nous conduire jusqu’à son secret, découvert par Henri Gasc.
Aux yeux de ce peintre savant, érudit et dont les oeuvres sont si complexes, un tableau doit être lu comme un récit, une composition avec des signes visibles et invisibles… Toutes ces années et toutes ces heures de recherche, m’ont fait découvrir le « monde de Poussin ». Ce peintre magique m’a en quelque sorte « initié à sa peinture », ce qui m’a permis de pénétrer l’histoire de ces tableaux. Tel un puzzle, un détail, s’associant avec un autre, le peintre m’a peu à peu guidé vers son secret.

 

Constelletion

Constellation "Argos"
Navire Argos

Représentation du navire "Argos"

Nicolas Poussin dans ces deux tableaux, à travers un voyage céleste allégorique, a livré un message, découvert par l'abbé Gasc, un secret qui est à l’origine du mystère de l’abbé Saunière et de son hypothétique trésor. Un secret se transmet mais ne se révèle pas. Poussin a voulu le transmettre de façon cachée, tout comme Henri Gasc.
Il faut « lire l’histoire et le tableau afin de connaître si chaque chose est approprié au sujet » Nicolas Poussin.
J’ai lu ces tableaux pour en percer le mystère. Du navire Argos lié à la fable astronomique de la Toison d’or, à la barque de Pierre, chariot, symbole de navigation céleste, Nicolas Poussin, utilise dans nos tableaux « son monde » avec « ses codes », par un subtil mélange de superpositions de thèmes.


 

Jason renvoie à Jonas, le livre de Jonas offrant de nombreuses similitudes avec le récit de Jason et des argonautes. Nicolas Poussin utilise souvent des allégories grecques ou gréco-romaines pour illustrer les thèmes chrétiens. Images allégoriques tant par le monde de la fable très utilisé par Poussin, que par les paraboles de la bible.
Pour des sujets tirés de la fable ou de la Bible, Poussin fabriquait un "petit théâtre" de figurines de cire, qu’il modelait suivant les attitudes qu’il désirait donner à ses personnages, et qu’il plaçait à l’intérieur d’une boîte. Les parois de la boîte percées de trous, lui permettaient de régler l’éclairage de la scène. Dans le fond il faisait coulisser un décor dessiné, paysage ou architecture. On retrouve cette méthode de travail dans le récit de Jason, ou fable astronomique de la Toison d’or. Poussin a bien posé le « décor » de son histoire.
Cette fable de Jason, vient partiellement dans le poème solaire sur Hercule, et forme un épisode du « 9e Travail d’Hercule », ou de celui qui répond au Bélier céleste. Le thème de l’Arcadie est présent sur les terres romaines, patrie d’adoption de Nicolas Poussin : Evandre, le héros de l’Eneide,  en souvenir de sa patrie en Arcadie, fonda une colonie grecque sur l’emplacement de Rome. Poussin a baigné dans cette culture, qu’il connaît si bien.
Toute l’histoire d’Hercule, héros solaire, s’explique par le ciel, comme le serpentaire Jason, héros solaire, initié par une magicienne, conquérant de la royauté et de l’immortalité confronté à Draco la baleine céleste, monstre marin, « démon de gardien » de la Toison d’or. Jason solaire, céleste, est le serpentaire ou charmeur de serpent, serpentaire dont une des étoiles est une tête de chameau… Chaque détail du tableau est important, précis, car Poussin, ne fait rien au hasard.
Jason est le soleil en astronomie. Le soleil qui atteint le point équinoxial du printemps caractérisé par la constellation du Bélier, celui-ci représenté par le Dieu Pan, Dieu cornu, aux pieds de bouc mais aussi d’une grande laideur.
Le Bélier céleste ou Bélier à Toison d’or, monte au moment où le soleil se lève, le jour de l’équinoxe de printemps. Le passage du soleil, au signe du Bélier à Toison d’or est marqué par le lever du navire Argos.

 

L’astronomie est un domaine que maîtrise et que chérit le peintre. De la fable à la parabole biblique, de Jason et le Bélier céleste à Jésus, ou agneau Dieu, Dieu sauveur, du vaisseau Argos à la barque céleste, vers quel « signe » nous amène le peintre ? Jésus prophète tel Jonas, roi comme Jason, ramène ses compagnons, vers la céleste patrie ? Pour Nicolas Poussin, les mystères du Christ ne seraient-ils pas les mystères du Dieu Soleil dans son triomphe équinoxial ? C’est à l’équinoxe de printemps que le Christ triomphe. L’évangile de Matthieu est le lien, le fil biblique attaché à ces deux tableaux.
Les chrétiens ne remplacèrent-ils pas le nom de Jésus par Jason, qui est devenu le nom hellénisé de Jésus ?
Mathieu donne à Jésus une généalogie royale. Il se réfère au prophète Jésus, comme un roi, fils d’Abraham et de David. Le prophète Jésus qui au Mont des Oliviers trois jours avant sa mort, annonce la destruction du temple de Salomon par Titus, et la fin du monde, lorsque les apôtres lui demandent : « dis nous quand cela arrivera-t-il, quel sera le SIGNE de ton avènement et de la fin du monde ? » (Mathieu XXIV 1-3). En passant de la mythologie à la Bible, en superposant les thèmes ce qu’aimait faire Poussin, ce dernier nous renvoie par l’évangile de Mathieu, du signe de Jonas, évoquant la mort et la résurrection de Jésus, à la Barque de Pierre, barque céleste, tel l’arche de Noé prise dans la tempête, qui amène au jugement dernier (Mathieu XII 39-42). Pour Mathieu, le royaume des cieux est comparable « à un filet que l’on jette à la mer », ainsi en sera-t-il à la fin du monde ? (Mathieu XIII 47-50). Cette pêche miraculeuse, qui rassemble une multitude de « poissons » est une autre façon de raconter l’histoire du jugement dernier, victoire du règne Dieu, arrachant les humains aux forces du mal, aux eaux profondes. L’apparition de Jésus, peut être vue comme son avènement, associée au jugement dernier, le retour du Christ sauveur, tel que Jésus l’avait annoncée aux apôtres au Mont des oliviers... Dans l’évangile de Mathieu, le jugement dernier est associé à la révélation de la Reine du Midi, et à Salomon. Comme il est dit dans l’évangile de Mathieu : « …et ici il y a plus que Salomon » (Mathieu XII  42). Pour Nicolas Poussin, un tableau ne doit il pas être lu comme un récit, une composition avec des signes visibles et invisibles…?

 

Tableau1

Deux dessins retrouvés dans le catalogue raisonné, évoquent pour Pierre Rosenberg le projet qu’avait Nicolas Poussin concernant deux pendants. Le peintre songeait à deux peintures en pendants, mais précise t-il : « On ignore tout d‘un tel projet. » Le thème devait en être l’apparition du Christ après sa résurrection, et le triomphe du Christ. Ceci est très troublant, quand on songe au sujet de ces deux tableaux...

Tableau 2